lundi 1 octobre 2012

Jericho Z Barrons et l’Ondine sibylline #20 par Erika Cazaux

Mon petit verre de mojito,

Nous sommes lundi, et je me doute que tu dois avoir le slip en berne d'avoir repris le chemin du taff. Mais bon je suis là et ce blog c'est un peu comme un bonbon acidulé, ça va piquer partout dans ton corps.
Que celui qui pense "nan mais attend n'importe quoi son blog, un bonbon acidulé" se retrouve à devoir faire la danse des canards jusqu'à la fin de sa vie.

Donc je reprends je vais te redonner gout à la vie en publiant la suite de la fanfiction d' Erika. Oui je sais je suis amour, générosité et volupté dans tes aisselles.


EXTRAIT 19





Jéricho Z Barrons et l’Ondine sibylline

Extrait n°20

            Dès leur retour, alors qu’ils se dirigeaient vers les quartiers d’Arielle, Barrons et celle-ci croisèrent Hawk qui était excessivement contrarié. Sans même les saluer cordialement, il s’enquit agressivement :
– Mais où étiez-vous donc passés pendant tout ce temps ? Je commençais à m’inquiéter moi !
– Och, tu m’en vois désolée Hawk, nous avons séjourné dans les…
– Doucement l’ami, tu ne vas pas recommencer avec tes grossières manières Hawk ? Barrons interrompit les excuses de sa bien-aimée et dévisagea d’une manière sévère son interlocuteur, lui indiquant ainsi qu’il ne tolérerait pas une énième altercation.

            Arielle, gênée par un silence pesant qui venait de s’installer tandis que les deux hommes se défiaient du regard, s’intéressa à Hawk :
            – Comment vas-tu mon cher Hawk ? Je suppose que la visite rendue au roi James officialise la fin de ton asservissement, tu dois être comblé mon ami !
Arielle appuya sa sollicitude d’un sourire angélique afin de le détourner de sa colère.

            Hawk leur rapporta alors ses malheureuses nouvelles. Il s’était présenté au roi James confiant et suffisant peut-être même, pensant être libéré de quinze années de service auprès de celui-ci. Combien il se leurrait…
Dans l’unique but de protéger son domaine, Hawk avait consenti à faire tout ce qu’exigeait de lui ce fourbe. Il payait même de sa personne pour satisfaire les ordres de celui-ci. Or le dernier labeur imputé était le pire, il le révoltait et le répugnait hautement… une union forcée avec la fille de cet ignoble roi !
Il était hors de question qu’il se marie à Janet la folle ! Bien que sa soumission soit terminée, il essuierait des années encore l’affront de celui qui avait prétendument obtenu une promesse de son père. À trente ans, Hawk se pensait enfin affranchi d’une telle servitude alors que finalement il se remémorerait, pour le reste der sa vie au quotidien l’humiliation vécue, à cause des traits de la fille de ce despote qui deviendrait sa femme !

Lorsque Barrons et Arielle lui avaient appris qu’eux-aussi allaient se marier, Hawk plus coléreux que jamais les avait rudement chassés de son royaume. Il refusait de leur donner sa bénédiction pour cette union, et encore moins l’hospitalité ! Il se passerait désormais des services de Barrons, pourtant si précieux lorsque des conflits éclataient dans la région.
Barrons, furieux d’être traité de la sorte, avait attrapé Arielle par le bras et l’avait entraînée vers l’écurie où leurs chevaux se reposaient après une si longue période en dehors de leurs étables. Une fois de plus Arielle n’avait pas son mot à dire.
Hawk pouvait parfois se montrer terriblement déraisonnable mais cette fois il était allé trop loin ! Il fut un temps, avant qu’Arielle, malgré elle, ne s’immisce entre eux, Barrons appréciait la compagnie de Hawk et même de prendre le commandement de son armée. Mener des hommes au front, lui-même en première ligne, lui permettait d’évacuer son trop plein d’énergie. Mais, maintenant que ce laird devenait invivable, Barrons considérait qu’il était peut-être temps pour lui de renverser le laird d’un autre royaume et de s’auto-proclamer successeur. Entre sa force, ses connaissances et la finesse d’esprit de sa future femme, ils pourraient faire prospérer une cour mieux que personne.

Toutefois, la première action immédiate consistait à mettre le plus de distance entre lui et cet homme insensé. Même s’il était maintenant familier avec le sentiment de jalousie et savait de mieux en mieux l’identifier, il n’acceptait pas que Hawk le soit au sujet de sa relation avec Arielle. Elle l’avait choisi lui, sans même qu’il ne l’encourage, elle avait toujours affirmé sereinement qu’elle n’éprouvait qu’une chaste amitié pour Hawk, alors que ses ressentis pour lui-même étaient d’une toute autre nature. Celle-ci restait à définir, même si les dernières semaines ainsi que la prochaine célébration de leur union lui laissaient entrevoir le développement de sentiments amoureux entre eux. Mais, ils n’avaient pour l’instant jamais évoqué cette possibilité. Ils étaient autant l’un que l’autre bien trop orgueilleux et récalcitrants. Enfin… Arielle préférait surtout ne pas y songer et encore moins lui confier à quel point elle l’aimait. Même si quelques fois le surnom : « mon amour » lui avait échappé, elle limitait les épanchements devant Barrons car elle appréhendait une ultime dérobade.

            Arielle s’était opposée à ce départ précipité, elle avait contraint Barrons à ralentir le pas. Hawk les poursuivait. Les deux belliqueux bramaient si fort que Lydia avait été alertée et s’en était également mêlée. Les deux femmes savaient pertinemment que l’enjeu de leur dispute était puéril. Lydia tenta de raisonner son fils, pendant qu’Arielle incitait Barrons à se calmer. Toutefois celui-ci s’agaçait de plus en plus et l’avisa d’une voix déterminée et hostile :
– Personne de sain mentalement ne me bannit ! Et puis je n’ai nullement besoin de ce vaurien. Je ne lui dois rien ! Il ne me chasse pas, c’est moi qui me casse !!! Et en tant que future Lady Jéricho Z Barrons, vous n’avez pas le choix, vous venez avec moi !

            Arielle fut ébranlée d’entendre Barrons la vouvoyer, il devait être extrêmement en colère pour utiliser le pronom « vous » car depuis deux semaines, il ne s’était plus jamais involontairement adressé à elle par ce biais. Elle n’eut pas le temps de rétorquer qu’il se retourna soudainement et pointant de l’index Hawk, il s’époumona :
– C’est moi qui aurais dû te dire d’aller te faire foutre Douglas et il y a bien longtemps ! J’aurais dû me douter qu’un jour ou l’autre ton arrogance et ta fierté te pousseraient à me traiter comme si tu étais celui qui me faisait une faveur alors que c’est à moi que tu dois la paix dans ce foutu royaume ! Va te faire foutre mon vieux !!!

Pendant que Barrons rugissait telle une bête enragée, exprimant ainsi son courroux, une fois de plus, Arielle, s’impliqua dans leur différend.
– Messires, calmez-vous, je vous en conjure ! s’interposa-t-elle entre eux, malgré sa petite taille par rapport à ces deux colosses. Votre querelle est absolument ridicule. Votre égo est bien trop exacerbé et démesuré pour que vous viviez au sein d’un même château, c’est évident je vous l’accorde ! Mais je vous en prie n’anéantissez pas votre relation pour moi. Ne laissez pas une simple femme se mettre entre vous et saboter ce que vous avez construit ensemble pour ce domaine !!! geins alors Arielle, feignant un chagrin titanesque.

Les deux hommes se toisant au-dessus d’Arielle, prêts à se battre une nouvelle fois, détournèrent simultanément leurs regards vers elle en entendant sa supplique. Son regard mélancolique passa de l’un à l’autre plusieurs fois.
L’absurdité de la situation leur sauta enfin aux yeux et tous deux éclatèrent d’un rire franc et communicatif. Comment avaient-ils pu en arriver là ? Arielle n’était certes pas n’importe quelle femme, mais de là à briser des liens perdurant depuis si longtemps...
La jeune femme s’écarta et en même temps, chacun s’avança vers l’autre et engagea une poignée de main pour marquer une amicale et durable trêve. Il était temps !
Hawk abdiquait, Arielle aimait son ami Jéricho, il ne pouvait lutter, une autre femme, mais définitivement pas cette Janet la folle, l’attendait très certainement quelque part ! Il avait encore quelques mois pour tenter de trouver une échappatoire à ce mariage forcé…

            Subsistait tout de même la question du prochain établissement de Barrons et Arielle. Même si la situation entre les deux amis s’était enfin apaisée, Barrons souhaitait conquérir un royaume sur le déclin afin de bâtir son empire. Et, il savait déjà lequel pour y intervenir régulièrement !

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Cinq mois plus tard, avril 1513

            Barrons avait donc jeté son dévolu sur le domaine de Marveith en perdition. Il était fréquent que Hawk et son armée s’y rendent pour résoudre des conflits. En effet, le laird et son clan y faisaient régner la terreur. De plus, leur gestion menait ce royaume à sa perte. Son peuple mourait de faim tandis que le seigneur se fourvoyait dans l’opulence et la cupidité. Barrons et Arielle rétabliraient ensemble la paix et feraient fleurir l’économie de cette région.

            Depuis cinq mois, Barrons et Arielle vivaient dans une chaumière au cœur de la forêt à mi-chemin entre Dalkeith et leur château convoité. Ce dernier était quasiment en ruine, mais les futurs époux offriraient très bientôt du renouveau à ce lieu et ses habitants.
Leur maisonnée actuelle faisait la joie d’Arielle qui aimait tant vivre près de la nature. De plus, elle était située près d’un Loch. Elle n’aurait pu être plus heureuse. Toutefois, il lui arrivait quelques fois de séjourner au château, notamment quand Hawk et Barrons organisaient la future attaque.
Arielle appréciait toujours autant la compagnie de Lydia. Et puis, elle tentait de la soutenir du mieux possible car celle-ci était inquiète pour son fils. Ce mariage imposé par le roi n’était pas l’avenir qu’elle rêvait pour lui. Elle savait que Hawk, sous ses airs parfois hautains et renfrognés, n’avait qu’un réel désir : confier son cœur à une femme qui saurait l’aimer comme il est. Elle estimait également que même si Hawk pensait qu’Arielle aurait pu être cette femme, il n’en était rien. Une autre femme lui était destinée, elle en était absolument certaine. C’est pourquoi sa future union contrecarrait les desseins de la bonne fortune, ou pas…

Pendant ces quelques mois, Barrons et Hawk échafaudèrent donc le plan de l’offensive avec l’armée que ce premier dirigerait sous le blason de la famille Douglas. Et, incessamment, il constituerait son propre clan.
En outre, ces terres n’étaient qu’à quelques lieux de Dalkeith, à une journée de cavalerie tout au plus. Le laird Douglas et le futur laird Barrons pourraient signer un traité d’entente entre leurs deux peuples.
L’attaque était prévue deux semaines avant le mariage de Barrons et Arielle, le 16 avril pour être exacte. Ainsi, ils auraient un peu temps pour mettre suffisamment à neuf leur nouvelle demeure et préparer le jardin accueillant la réception.
Cette cérémonie marquerait également le sacrement de Barrons comme Laird du domaine.

Ces perspectives réjouissaient tout le monde. Seule ombre au tableau : l’imminence de cette attaque rapprochait également la date butoir du mariage de Hawk. En effet, il ne s’était toujours pas résolu à rejoindre sa promise pour célébrer leur noce. Il attendait le dernier moment et lorsque la dernière limite arriva, en ce début de mois d’avril, il décida même d’envoyer Grimm pour le représenter et ramener Lady Douglas à Dalkeith.
Il n’avait pas été présent pour l’accueillir à son arrivée au château. Il avait également demandé à sa cour de la traiter comme un paria et de l’ignorer. Quant à lui, il avait eu bien mieux à faire avec Barrons qui vérifiait pour la énième fois son plan mais aussi, à s’enivrer pour oublier que dans quelques heures il serait enchaîné à vie à une folle !
C’était sans compter sur le grain de sel du destin…

           
            Finalement, ironie du sort, Janet était tout à fait au goût de Hawk bien que leur première rencontre ne fut pas leur meilleur souvenir. Alors qu’il rentrait d’une beuverie, il avait aperçu son épouse dangereusement proche du nouveau forgeron du château. Il n’avait alors pu s’empêcher de s’approcher afin de faire sa connaissance. Et lorsqu’elle s’était retournée, la foudre l’avait subjugué ! Il avait immédiatement été fasciné par la beauté de celle-ci et très fâché de découvrir SA femme totalement envoûtée par le physique extraordinaire et l’assurance écœurante d’un prénommé Adam Black.
Tout compte fait, il était envisageable de s’accommoder de la dernière ordonnance du roi détesté. C’était peut-être même la plus agréable qu’il lui ait confié ! Toutefois, une longue conquête l’attendait... Il s’était comporté odieusement avec elle, dédaignant même assister à son propre mariage et la méprisant jusqu’à ce jour.
La damoiselle n’avait pas fini de le malmener avant de se laisser séduire…

            Arielle fut également tout de suite sous le charme de cette femme à la joute verbale exquise dont les intonations étranges sublimaient son agréable physique. Elle s’amusait beaucoup des échanges piquants entre Hawk et celle qui attestait s’appeler Adrienne et non Janet. Leurs dialogues acerbes n’étaient pas sans lui rappeler ceux qu’elle entretenait avec son homme. Malgré l’évolution de leur relation, Arielle et Barrons ne cessaient de s’affronter chaque jour. Mais, secrètement, chacun adorait ce petit jeu qui les conduisait toujours dans les dédales de réconciliations frivoles et jouissives. Pour rien au monde elle aurait renoncé à ces confrontations. Elle se délectait de la fougue verbale de son futur époux, il était souvent revêche, mais c’était SON revêche et quelques fois même cynique, mais c’était SON cynique. Quoi qu’il soit, il était sien !!! C’est ce qui était primordial pour elle. Peu importe le mal qui l’assaillait régulièrement. Elle l’aimait comme il était. Elle n’avait pas besoin de percer sa carapace. Il était Jéricho Z Barrons et ça lui suffisait, d’autant plus que prochainement elle serait Lady Jéricho Z Barrons, femme du laird de Marveith…

            Trois jours avant l’attaque, au cours d’une discussion où les langues se délièrent, Adrienne confessa à Arielle ne pas être la fille du roi James, mais être originaire du XX° siècle et des États-Unis d’Amérique. Elle ne savait, ni comment, ni pourquoi, néanmoins elle avait été téléportée à cette époque, sur les genoux de cet ignoble homme qui plus est, alors qu’il se trouvait dans une taverne du domaine.
Adrienne et Arielle étaient confortablement assises sur un banc d’un des prolifiques jardins. La voyageuse dans le temps lui contait son histoire.

– Cet ingrat m’a obligée à prendre l’identité de sa défunte enfant…, s’écria-t-elle, encore révulsée par cette injonction.
Puis, son ton se radoucit pour préciser :
– … et d’épouser CE laird si insupportable et imbus de lui-même et irrespectueux et… couard et… malhonnête et…
Elle interrompit sa litanie de défauts et de manière à peine perceptible, rajouta comme pour elle-même :
– … si insupportable mais… scandaleusement attirant…
– Je te demande pardon, je n’ai pas entendu sa dernière imperfection, ironisa Arielle qui avait parfaitement perçu l’aveu honteux d’Adrienne.
Partageant une certaine complicité, elles rirent à gorge déployée. Arielle parvint tout de même à articuler :
– Ah, ma chère Adrienne, je te l’accorde les hommes de ce château ne sont pas des plus aisés à comprendre ! Mais je t’assure que Hawk ne peut aucunement être réduit à ses défauts dont tu l’accables, hormis celui de… hormis celui de sa beauté dangereuse. Pour celui-ci je suis entièrement d’accord avec toi !
– Peux-tu répéter Lady Barrons, je te prie ?! les surprit Barrons. Je crois que j’ai mal compris ! poursuivit-il, jaloux et blessé. Je ne vois pas du tout ce que tu lui trouves, peut-être voudrais-tu qu’il prenne ma place dans deux sem…

Arielle se leva et planta un baiser des plus audacieux sur les lèvres de son fiancé pour qu’il renonce à ses balivernes. Parfois les mots ne suffisaient pas à apaiser l’emportement de son homme si sanguin. Seul leur contact physique parvenait à faire taire ses élucubrations. Toutefois, Barrons parvint à se défaire de leur étreinte et, attrapant Arielle sous les genoux, il la plaça énergiquement sur son dos, les mains effrontément posées sur son séant avant de maugréer à l’attention d’Adrienne qui rigolait encore :
– Je n’en suis nullement désolé, mais je t’emprunte ma future femme, elle a des paroles à se faire pardonner.

Dans cette position des plus inconfortables, mais déjà excitée par ce qui l’attendait, Arielle cria à sa jeune amie, un sourire illuminant son visage :
– Que veux-tu ? Les hommes et leur légendaire douceur et délicatesse…

Barrons, déjà enfiévré par l’attitude désinvolte de son Ondine, continua de marcher jusqu’à un recoin à l’abri des regards indiscrets.
– Enfer ! Souhaites-tu empirer ta situation Lady Barrons ? Que vais-je devoir t’infliger pour que tu me montres un peu plus de respect ?! demanda-t-il à son Ondine, la moue mutine.
– Commence par me poser et ensuite… ensuite, tu pourras me punir comme je le mérite maître, oh maître Barrons adulé ! répondit-elle, se moquant de lui.
– Lass Rayna, vous êtes une vilaine fille, vous le savez ça ?! Je devrais vous tuer pour l’effet que votre bouche impertinente me fait !
– Et moi pour votre grossièreté Lord Barrons, je vous signale que j’étais en charmante compagnie et que vous nous avez interrompues mon amie et moi !

Il éclata d’un rire rauque et la taquina :
– Mais votre amie ne peut pas faire cela !
Il la renversa sur le sol, s’assit à califourchon sur son abdomen, se pencha pour ouvrir sauvagement la cape qui recouvrait sa robe, puis déchira son corset retenu par un fin lacet. Il enfouit sa tête dans sa poitrine, tandis que d’une main, il remonta le jupon afin de la glisser entre ses cuisses déjà moites. Il remonta vers la partie sensible qu’il aimait tant titiller afin de la rendre plus folle de désir qu’elle ne l’était déjà.
            – Déjà prête à m’accueillir n’est-ce pas ? Ou peut-être préfères-tu aller converser avec ton amie ? railla-t-il.
            – Tais-toi donc Barrons et prends-moi, prends-moi tout de suite.
            – Hum, j’hésite, je ne voudrais finalement pas contrecarrer tes plans avec Lady Douglas, s’amusa-t-il alors qu’il goûtait du bout de sa langue experte à l’intimité de sa bien-aimée. Il s’interrompit brutalement, se redressa et lui asséna :
– Vas-tu oser faire attendre la femme du laird, Lass Rayna ?

            Arielle profita d’un moment d’inattention de son futur époux pour échanger leur place et le chevaucher à son tour.
            – À mon tour de te torturer ! s’exclama-t-elle, tout en glissant sa délicate main sous le tartan de son homme.
Elle saisit la hampe de son sexe vigoureusement dressé et gémissant, lui déclara fermement mais en souriant franchement :
            – Aujourd’hui, c’est moi qui te possède, c’est moi qui fais ce que je veux de toi, futur laird Barrons !
Elle s’offrit sans retenue à la verge de son homme. Toutefois, elle commença dès lors ses supplices car elle se dandinait au grès de son envie et surtout très langoureusement et doucement. Cette danse sensuelle augmenta le désir de Barrons à chaque coup de rein donné si méthodiquement pour le frustrer davantage. Ce jeu coquin dura jusqu’au moment où Barrons, ne tenant plus, hurla :
            – Assez, tu me tues Lass !
Il recula Arielle, la fit pivoter et se mettre à genoux puis, la prit par derrière sauvagement. Un râle de plaisir s’échappa en même temps des gorges de chacun. Ils haletaient de plaisir autant l’un que l’autre. Barrons exprima toute l’excitation qu’avait faite grandir et entretenue Arielle par ses mouvements alanguis. Il déversa en elle toute la passion qu’il éprouvait pour elle…
            Ils restèrent un long moment enlacés avant de reprendre leurs esprits. Cette étreinte dans un recoin caché d’un jardin du château leur rappelait leur rendez-vous secret d’avant leur séjour dans les montagnes.

            Ils se quittèrent non sans regret, mais avec la promesse de réitérer leurs câlins le soir même dans le lit conjugal, enfin… le croyaient-ils du moins. Oui, depuis cinq mois, ils faisaient également l’amour dans une chambre et avaient même appris à apprécier, bien que leur ardeur les empêchait bien souvent d’arriver jusque là. Barrons avait d’ailleurs dû leur confectionner un lit à baldaquin suffisamment robuste pour supporter leurs ébats vigoureux. Ils en avaient épuisé trois avant de se décider à le fabriquer lui-même pour qu’il puisse résister à leurs assauts surhumains.
Barrons devait retourner entraîner la garde de Hawk pour qu’il soit fin prêt à s’emparer du château visé. Quant à Arielle, légèrement honteuse d’avoir abandonné sa récente amie pour batifoler avec son futur époux, elle la retrouva en train de discuter avec un homme très charmant lui aussi. Mais comment est-il possible de rencontrer autant de si bels hommes dans la région de Dalkeith ? Toutefois, plus Arielle se rapprochait de l’homme en question plus des sensations désagréables lui parcouraient le corps. Elle en avait presque des haut-le-cœur.
Adrienne, apercevant son amie, la présenta à son interlocuteur :
            – Adam, je vous présente Lass Arielle Rayna, future Lady Barrons.
Elle se composa un minois rempli de sous-entendus à Arielle sur ses récentes activités. Cette dernière rougit.
Les lèvres d’Adam Black s’arquèrent également en un sourire satisfait mais ne dura qu’une fraction de seconde. Aucune des deux jeunes femmes ne perçut la moue décontenancée puis amusée du forgeron.
Adrienne compléta :
            – Arielle, je te présente Adam Black, le nouveau sexy forgeron de Dalkeith !
Arielle, encore plus troublée et importunée, se contenta de hocher de la tête et de lui adresser un timide sourire. Adam lui, s’empressa de se rapprocher et tandis qu’Arielle eut un mouvement de recul incontrôlé, il s’empara de sa main, et en lui déposant un baiser distingué, lui témoigna de son intérêt.
            – C’est un plaisir Princesse Ani… Arielle de vous rencontrer enfin ! souffla-t-il comme si c’était une boutade dont lui connaissait le sens.
            – Nay, vous vous méprenez Lord Black, je ne suis pas Princesse, seulement future épouse d’un futur…
            – Peut-être dans une autre vie… Princesse, insista-t-il, l’air malicieux. En tout cas, vous pourriez l’être, vous en avez l’étoffe, ma Lady ! Vous êtes resplendissante… une étoile filante venue d’une autre galaxie…
Sur ces paroles nébuleuses, ce fut au tour de Hawk d’intervenir avec fracas :
– Ma femme ne vous suffit pas goujat, il vous faut également convoiter celle de mon ami Lord Barrons. Combien vous en faut-il pour vous satisfaire chenapan ?! Arielle, quand tu auras terminé de flirter, Jéricho t’attend et il ne sera pas vraiment ravi d’apprendre que tu t’accoquines de vermine. Tu devrais…
– Qu’as-tu dit Douglas ? l’empêcha de poursuivre Adam ébahi.
– Tu as parfaitement entendu, tu n’es rien d’autre qu’une vermine qui tente désespérément de voler les femmes des autr…
– Non, pas ça, ça c’est fa…, vrai je te l’accorde, mais ce n’est pas ce qui m’intéresse en ce moment même. Ania-elle, tu… vous… vous êtes la future épouse de Jéricho Z Barrons ?
– Aye, c’est exact, je…
– Tu as des problèmes de diction forgeron, la Lady s’appelle Arielle, se moqua ouvertement Hawk.
– Et vous, vous allez avoir des problèmes bien plus graves…, répliqua Adam, un sourire goguenard suspendu à ses lèvres sensuelles.
– Que voulez-vous dire Amadan ? Qu’insinuez-vous ? interrogea Arielle, inquiète.
– Arielle, nous y allons, Jéricho nous attend, et tu connais son impatience…, s’agaça Hawk.
– Nay, je…, s’arrêta brusquement Arielle en raison des paroles d’Adam.
– Comment m’as-tu… m’avez-vous appelé Princesse ? l’interrompit Adam, surpris qu’Arielle l’interpelle par son autre nomination.
– Cessez de me surnommer ainsi ! Et je vous ai appelé Adam, enragea Arielle qui avait parfaitement conscince d’avoir dit Amadan.
– Nay, vous…, tenta-t-il une dernière fois.
– Suffit, sacripant ! Nous y allons maintenant et que cela vous plaise ou non, mes Ladies !!!

Hawk, attrapa le bras de chacune et les dirigea vers le jardin où Barrons tournait en rond comme un lion en cage.

– Enfer, que foutiez-vous ? C’est pas comme si nous n’avions rien à préparer !!! beugla ce dernier.
– Ta chère femme vient de faire la connaissance d’Adam Black, ce coureur de…
– Quoi ?! le coupa sèchement Barrons. Répète je te prie ?!
– Arielle a rencontré celui qui en veut à la mienne et maintenant à la tie…
– Adam Black est ici ? l’interrompit-il à nouveau.
– Je ne suis pas à vous Lord Douglas, je préférerai être avec lui qu’avec vous, lui au moins il me traite avec déférence, au contraire de vo…
– Taisez-vous donc Janet ! ordonna Barrons visiblement très énervé.
– Je ne suis pas Janet, combien de fois vais-je devoir…
– Va falloir que tu éduques ta femme Lord Douglas, sinon je vais m’en charger ! Où est ce bâtard ? J’ai deux mots à…
– Ce n’est pas la peine Jéricho, il ne m’intéresse pas, je n’ai…
– Je me doute bien Lass Rayna qu’un maroufle pareil ne pourrait avoir tes faveurs, mais…
À cette idée d’éventuels ébats, des images d’elle faisant l’amour avec le fameux Adam Black s’imposa à elle… Il la possédait, lui susurrant : « Aniabeilla… Princesse Aniabeilla… tu es mienne et ce pour l’éternité… »
Le désir se lut dans les prunelles d’Arielle et Barrons s’emporta aussitôt. Il vociféra, l’air contrarié au plus haut point :
            – Il t’excite cet homme n’est ce pas Arielle ? Ne me mens pas Lass, je ressens dans ma chair ton envie de faire l’amour ! Tu me donnes une raison supplémentaire de le tuer !!! J’y vais de ce pas… Et quant à toi chère Lady Barrons, nous n’en avons pas fini, je te préviens !
Il se mit à courir si vite, qu’en deux secondes, aucun des trois ne le percevait plus. Ils étaient atterrés, mais Arielle rompit le silence gênant et requerra :
            – Tu serais bien aimable de nous faire préparer deux chambres Hawk. Je pense que nous allons passer la nuit ici et un peu de distance ne nous fera pas de mal… alors n’hésite pas à nous mettre dans des quartiers éloignés, rit-elle pour garder la face et ne rien laisser transparaître de son angoisse naissante.

Arielle se sentant envahie d’une terrible affliction et surtout d’immenses incompréhensions, s’excusa et prit congés de ces hôtes. Elle avait un profond besoin de se retrouver seule. Depuis le retour de leur villégiature en novembre dernier, ses cauchemars s’étaient nettement réduits, tant en intensité qu’en fréquence. Néanmoins, elle pressentait que cette rencontre importune rencontre annonçait leur prochaine reprise. Elle ne pouvait avoir plus raison, et encore, elle était loin du compte…
Pourquoi cet Adam, ou plutôt Amadan, a provoqué en moi une telle réaction viscérale ? Est-ce un vestige de mon passé ? Pourquoi l’ai-je affublé de ce prénom qui n’en est pas un ? Enfin, du moins… plus usité … Hum… en plus, il a été mi-surpris, mi amusé de m’entendre l’appeler ainsi ! Et lui, m’a appelée à plusieurs reprises «  Princesse » et il écorchait mon prénom « Arielle » en Ani-elle. Voulait-il me nommer Aniabeilla ? Il a d’ailleurs souri quand Adrienne m’a présenté comme Arielle Rayna… comme s’il était… satisfait ! Pourquoi ? … Ensuite, quand Barrons a évoqué l’éventualité impossible de relation sexuelle, le visage flou de celui qui me nommait Princesse Aniabeilla était devenu totalement limpide. Et alors, j’ai eu ces réminiscences de lui et moi nous aimant tendrement. Par Dana, que va penser Barrons ? « Par Dana » ? Mais qui est cette Dana ? … Dana … Dana … Ce prénom me dit quelque chose… Dana est… Dana est une Prêtresse… la grande Prêtresse du peuple des Tuatha Dé Danaan. Mais comment se fait-il que j’ai ses connaissances alors que je n’ai jamais entendu personne prononcer cette désignation ??? Et, que voulait-il dire par une « étoile filante venant d’une autre galaxie » ? Que cache cette métaphore, certes poétique, mais sibylline ???
            Prise d’un vertige, Arielle s’évanouit près d’une fontaine d’un des nombreux luxuriants jardins du château. En effet, toutes les fleurs avaient splendidement poussé et s’ouvraient une à une dévoilant des secrets d’une grande beauté…


– Arielle… Arielle réveille-toi !!! … Arielle, mon Ondine, je t’en prie réveille-toi. C’est moi, c’est Barrons, euh… Jéricho. Arielle, je t’en prie réveille-toi !

            Barrons tenait Arielle dans ses bras, tentant vainement de l’extraire de son sommeil agité et de ses hallucinations. Elle marmonna indistinctement puis, d’un ton et air jouissifs proféra : « Hum… Amadan, Amadan mon Prince, continue, je t’en prie, tu es… tu es un amant extraordinaire, oh Amadan, mon amour… oui je suis ta princesse Aniabeilla ». Son futur époux n’aurait pu être plus contrarié, mais en entendant la suite, un sentiment d’horreur remplaça celui de jalousie. Effectivement, après une dizaine de secondes silencieuses, brusquement, Arielle se mit à hurler de terreur, une expression apeurée gagnant son visage : « qui êtes-vous ? … Que me voulez-vous ? … Où suis-je ? … Et vous, comment vous appelez-vous ? Je refuse de vous dire mon nom tant que vous ne m’aurez pas expliqué ce que je fais ici ! … Je ne comprends rien de ce que vous racontez maraud ! Et montrez-moi votre visage, ayez le courage d’assumer vos crimes au moins ! ».
Elle s’apaisa un instant, retomba inerte dans les bras de Barrons, puis juste avant de s’éveiller telle une fleur qui s’épanouit grâce aux rayons chaleureux de son soleil, elle balbutia : « Oui, ma reine, je suis prête à sacrifier ma vie humaine pour sauver mon peuple et mon clan, le clan McKeltar ! ».

            – Jéricho tu es là, och mon Jéricho tu es là !
            – Aye, Arielle, je suis là ! Je suis celui qui sera toujours là ! Je suis celui qui te sauvera à chaque fois que ce sera nécessaire. J’éliminerai pour toi, cet Amadan et ce monstre qui te terrorise mais aussi cette reine ! D’ailleurs, il n’est aucunement concevable que tu me quittes pour la rejoindre. Je te préviens, je ne te laisserai pas faire ! Et même si je dois en venir à t’attacher et cette fois pas pour nos petits jeux licencieux, mais pour t’interdire de lui vouer allégeance, je le ferai sans hésiter une seule seconde !!! C’est compris ?!
Même inquiet et offusqué, Barrons n’avait pu s’empêcher de glisser une remarque équivoque dans son long discours. Arielle n’était pas certaine de tout comprendre, mais tenta néanmoins de le rassurer quant à son attirance pour Adam/Amadan. Elle n’en éprouvait aucune dans cette réalité !
– Peut-être dans une autre vie, avait-elle plaisanté, avons-nous été amants mais ce n’est plus d’actualité, c’est toi que j’aime Jéricho Z Barrons. Et je le dis au risque que tu te carapates définitivement, mais je ne veux plus le taire : JE T’AIME Jéricho Z…
Il interrompit sa déclaration qui l’avait comblé comme jamais, mais il avait besoin de la posséder, de la faire sienne là tout de suite, ici et maintenant ! Arielle était à lui et ce, pour toujours. Rien, ni personne, ne lui ravirait SA femme. Oui, c’était SA femme, que ça plaise ou non bordel ! C’était SA femme !!!

***

Déclaration des droits d’Auteur sous le numéro 00051639.

1 commentaire:

  1. hum, de la testostérone en veux tu en voilà, un régal!
    et l'apparition d'Adrienne! les bavardages entre femmes sont un réel plaisir, tordant aussi...
    Quant à Adam/Amadan...tout cela laisse présager de révélations tonitruantes!
    continue de nous enchanter ma chérie, te lire reste un plaisir et une expérience indescriptibles...merci

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Toi aussi tu es en pleine barronite aiguë? Ce n'est pas sale. Viens tout nous raconter.

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